J’ai vécu un cauchemar cette année, celui d’avoir perdu ma meilleure amie… Celui d’avoir perdue ma petite sœur de cœur par s-word. Je lui ai composé une musique spécialement pour elle mais j’avais besoin d’écrire cet article pour moi, pour elle car parfois quand tout va mal on a l’impression qu’on nous oubliera vite… La preuve que non, je l’oublierai jamais. Ce deuil est vraiment horrible.
Je ne divulguerai que le prénom de la personne concernée… Aucune information susceptible qu’on puisse la reconnaitre ne seront révéler.
Il y a des mots qu’on n’a jamais envie d’écrire. Des mots qui nous serrent la gorge. Chaque lettre écrite même sur ce blog me donne envie de pleurer et de vomir.
Pourtant, ce soir, j’écris parce que je crois que quand une douleur est trop lourde à porter seul, la déposer quelque part, en parler, la transformer en une œuvre musicale ici, c’est ce qui moi m’aide. Non je ne guérirai pas de mon deuil en quelques semaines mais j’ai eu parfois des pensées sombres, très sombres, mais elle n’aurait sans doute jamais voulu me voir comme ça alors j’écris ma peine pour pas qu’on l’oublie car elle le répétait sans cesse. Mais, non moi je t’oublierai pas Clélia.
Ce n’était pas juste une amie. C’était une part de moi. Une présence que j’ai aimée profondément, même quand la vie nous a séparés, éloignés, bousculés. C’était un lien vivant, vrai, imparfait… mais essentiel. Et un jour, brutalement, ce lien s’est rompu. Définitivement. Clélia s’est en allée. Et moi, je suis resté.
Je pourrais vous dire que tout va bien. Que je me suis relevé plusieurs fois. Que la vie continue… MAIS C’EST FAUX ! La vie pour moi c’est arrêté ! La vérité, c’est que ce deuil est une tempête gigantesque. Parfois un raz-de-marée qui nous fait penser que l’on va chavirer. Et parfois, un silence glacial comme si on existait plus aux yeux des autres.
Il y a des jours où je me lève avec l’impression qu’on m’a arraché une partie de moi, la partie la plus importante de mon être. Des jours où je compose, où je chante, où je dirige des chœurs, et tout semble presque normal… puis, d’un coup, son absence me fauche.
On pense qu’on « fait son deuil » comme s’il y avait des étapes bien rangées. Mais non. Ce n’est pas linéaire. C’est un foutu labyrinthe émotionnel. Et il faut continuer à vivre, quand tout crie en toi que plus rien ne sera jamais comme avant et que tu ne sais plus quoi faire.
Dans ce genre de moment, beaucoup de gens ne savent pas quoi dire. Certains te disent “courage”. D’autres te fuient, parce que ta peine leur fait peur.
Mais très peu te demandent : “Comment tu te sens, toi, par rapport à cette perte ?” ou “As-tu envie qu’on parle d’elle ?”
Et pourtant, c’est tout ce que j’aurais voulu : pouvoir dire son prénom, nos rires, nos joies, tout nos beaux souvenirs car on en a eu tellement.
Pouvoir parler de mes idées noires sans culpabiliser, sans qu’on me fasse comprendre que “ça va passer”. Pouvoir ne pas être “fort” un instant. Être juste humain.
J’essaie de m’exprimer par l’écriture et je compose… J’en parle à mon psychiatre et à mon psychologue. Je marche et je laisse mes émotions exister. Même les plus sombres. Et surtout, je m’accroche à ce qui me reste de vivant.
Parce que même si je ne suis pas “guéri”, même si je ne sais pas encore ce que veut dire “aller mieux”, je veux apprendre à vivre avec cette blessure. Pas à la nier. À la transformer, peut-être, en quelque chose qui fait du bien aux autres. En musique mais aussi en mots et en cherchant à donner de l’espoir.
Je ne suis pas un modèle. Encore moins un “exemple de résilience”. Je suis juste un humain qui fait ce qu’il peut. Mais si tu lis ceci et que toi aussi tu as perdu quelqu’un… Si tu portes un deuil silencieux, ou incompris, ou pas “légitime” aux yeux des autres… Alors je veux te dire :
– Tu as le droit d’aller mal.
– Bien sûr, tu as le droit de pleurer, même longtemps après.
– Tu as le droit de ne pas tourner la page.
– Et tu n’as pas besoin d’être fort tout le temps.
Je ne sais pas encore comment vivre avec son absence. Mais je sais que je veux l’honorer. Pas seulement avec un morceau de musique, pas seulement avec une lettre. Mais avec ma vie. Je veux vivre pour elle, parfois. Mais surtout pour moi. Je veux apprendre à m’aimer, même cabossé.
Et si ce texte peut résonner dans le cœur de quelqu’un d’autre, alors peut-être que sa lumière continuera, autrement pour toujours.